21/10/2022
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économie

La campagne s'ouvre sur fond d'inquiétudes

Alors que le coût de l'énergie effraye les entreprises disposant de chambres froides, les volumes de pommes et de poires sont annoncés en hausse.

En région, la canicule et la sécheresse ont limité le calibre des pommes cette année.

© Crédit photo : Magali Sagnes

Au 1er octobre 2022, la production française de pommes serait supérieure de 12 % sur un an et de 4 % par rapport à la moyenne des récoltes 2017-2021, d'après Agreste, le service statistiques du ministère de l'Agriculture. Cette hausse s'observerait dans la plupart des régions avec, au final, 1,477 million de tonnes produit sur 393 000 hectares.

En Languedoc - premier bassin de production français avec 7 900 ha -, les fruits des variétés précoces, notamment gala, restent petits et chutent fortement ; la production estimée est de 378 200 t, en hausse de 16 % par rapport à la moyenne quinquennale. En Paca (2e bassin), la récolte rejoindrait la moyenne quinquennale, après plusieurs années de faible production, avoisinant les 314 600 t. La canicule et la sécheresse ont toutefois limité le calibre des pommes. En septembre, les orages ont provoqué la chute de certains fruits et en ont abîmé d'autres, qui sont dirigés vers l'industrie dans des proportions pouvant atteindre 20 % selon les secteurs. En Vallée du Rhône, la récolte se termine en avance de 15 jours. Avec la canicule et la sécheresse, les calibres sont réduits dans les vergers non irrigués, notamment en gala. Le gel a entraîné moins de pertes que l'an dernier. En forte hausse par rapport à la faible récolte de 2021, la production reviendrait à un niveau plus standard. À noter que la baisse des surfaces atteint 5 % par rapport à la moyenne quinquennale, avec 9 400 ha en Paca estimés sur la campagne 2022-2023.

La transfo saturée

En ce début de campagne de commercialisation, le marché est atone, pénalisé par des fruits de petits calibres et des défauts de coloration en variétés de pommes précoces. Les prix s'orientent à la baisse. En septembre 2022, le marché de la pomme est moins actif qu'il y a un an. L'écoulement est lent, surtout pour la gala, variété précoce qui a le plus souffert de la canicule avec de petits calibres. Les températures encore élevées freinent la consommation de ce fruit automnal.

La filière de la transformation est par ailleurs saturée de fruits porteurs de défauts de coloration et de brûlures, conséquences de la canicule. Faute de débouchés à l'Est en raison du conflit en Ukraine, les pommes polonaises se reportent sur le marché européen. Les prix s'orientent à la baisse sur un an et rejoignent la moyenne 2017-2021. Au niveau européen, l'association mondiale Wapa table sur une quasi-stabilité de la production de pommes (+1 % sur un an), mais au-dessus du niveau moyen 2017-2021. La production de la Pologne, 1er pays producteur européen, est prévue supérieure de 5 % à l'an dernier. Néanmoins, une grande partie de cette production se dirigerait vers l'industrie de transformation. Les productions italienne et allemande progresseraient de 5 %. La production espagnole devrait quant à elle reculer de 23 %, conséquence du gel au printemps.

Des volumes en poires

Au 1er octobre, la production française de poires de table atteint un niveau supérieur de 20 % à la moyenne quinquennale. Après la demi-récolte de 2021, elle doublerait pour atteindre 143 000 t. En septembre, le marché de commercialisation reste peu actif et concerne la variété guyot dont les ventes s'achèvent ainsi que les william's. Les prix sont orientés à la baisse.

En Paca - 1er bassin de production français avec 2 300 ha pour un volume de 54 300 t - , les divers aléas climatiques ont abimé les fruits, dont une partie sera dirigée vers la transformation. Après la récolte de 2021 pénalisée par le gel, la production 2022 est prévue en hausse et proche de son potentiel. En septembre 2022, les prix s'orientent à la baisse sur un an et par rapport à la moyenne quinquennale prolongeant la tendance observée en août au démarrage de la campagne de commercialisation. Les sorties sont plus fluides en variété william's, qu'en guyot, dont les ventes s'achèvent.

Au niveau européen, Prognosfruit prévoit un rebond de 20 % de la récolte en 2022, après les gelées destructrices de l'an dernier. Cette hausse serait portée par l'Italie, premier pays producteur de poires en Europe, dont la production doublerait sur un an. Dans le même temps, elle baisserait au Portugal et Espagne (respectivement de -26 % et -17 %). 

Source : Agreste Infos Rapides, octobre 2022 •
34 21/10/2022
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cofruid'oc

Pommes en vrac et en sacs 

Fruit d'un partenariat entre McDonald's France et Florette Food Service, les sachets fraîcheur de pommes tranchées vendues dans les menus de l'enseigne de restauration rapide se déclinent désormais sous la certification HVE. La coopérative Cofruid'Oc fournit 1 300 tonnes de pommes par an, issues de ses 'Vergers écoresponsables'. 

60 ha des vergers de Cofruid'Oc sont couverts par des filets anti-grêle, après que la coopérative a enregistré 30 % de pertes en 2021. 1 300 t de pommes sont fournies à Florette pour réaliser les sachets fraîcheur vendus par McDonald's France.

© Crédit photo : PhD

Après l'origine 100 % France en 2014, les exigences ont suivi les évolutions des vergers, de plus en plus certifiés et labellisés, pour proposer une sélection de fruits en sachets (pommes, poires), vendus dans les menus Happy Meal de l'enseigne McDonald's France. Confectionnés à partir de pommes issues de 'Vergers écoresponsables', depuis 2016, désormais c'est en HVE (Haute valeur environnementale) que les sachets se croquent.

Dès le lancement, en 2003, de ces petits sachets pommés, la collaboration entre Florette et Cofruid'Oc a porté ses fruits, en poursuivant le développement des volumes de la coopérative arboricole destinés au fournisseur en fruits des restaurants McDonald's France. S'appuyant sur les travaux "de bonnes pratiques agricoles" des coopérateurs, Florette a assuré l'approvisionnement de pommes exclusivement françaises "pour conserver les bonnes variétés au bon moment", présente Sébastien Tripon, directeur des achats fruits chez Florette Food Service. 

Pour sceller cet accord tripartite de trois ans, les partenaires s'étaient réunis en septembre à la station de la coopérative et dans un verger certifié HVE, alors que Cofruid'Oc fête cette année ses 60 ans. 

1 600 t de pommes 100 % françaises 

Fort de 3 000 agriculteurs sous contrat avec l'enseigne de fast food, et collaborant avec une quarantaine d'agriculteurs toutes filières confondues, McDonald's France veut s'inscrire dans une stratégie alimentaire "durable", selon Guillaume de Beaurepaire, manager des achats. Les sachets fraîcheur de pommes s'écoulent chaque année à 17,5 millions d'unités dans les 1 500 restaurants de la chaîne. Engagée par une charte Sud Nature en Languedoc-Roussillon, la coopérative de Saint-Just est intégrée à la charte nationale des 'Vergers écoresponsables' depuis dix ans, dans "une approche agroenvironnementale qui colle aux réalités de terrain", rappelle Didier Crabos, directeur général de Cofruid'Oc. Certifiée aujourd'hui à plus de 90 % en HVE à l'échelle de l'exploitation, la production participe à l'opération de pommes en sachets à hauteur de 1 300 t, sur les 1 600 t achetées (variétés Gala, Cripps pink, Pink lady, Story inored, Jonagold). 

Vergers pilotés et biodiversité 

HVE, agroécologie, "même combat", résume Vincent Mathieu, technicien chez Cofruid'Oc. Dans l'optique de "créer un espace commun à toute la filière", sous le signe de la durabilité, telle que voulue par Didier Crabos, la démarche agroécologique passe par la préservation de la biodiversité, la gestion raisonnée des parasites et de la fertilisation. Dans une région privilégiée en eau et préservée par la monoculture, la coopérative a planté 17 km de haies et autres abris à insectes et à oiseaux, bordés par quelques ruches propices à la pollinisation. 

Plus délicat, le suivi des populations de ravageurs, basé sur les données météo en périodes à risque, passe par les barrières physiques, les produits de biocontrôle, des piégeages massifs et de la chimie de synthèse "contre certains ravageurs inféodés", précise Vincent Mathieu. Pour contrôler les populations de carpocapse, la confusion sexuelle peut fonctionner d'avril à fin août, tandis que les cycles de reproduction des générations sont plus rapides aujourd'hui. "Cette année, nous avons eu une troisième, puis potentiellement une quatrième génération sur la fin de saison", signale-t-il. "Nous serons peut-être amenés à traiter." 

Matière organique et désherbage

Entre les haies préservées et les fossés enherbés, les vergers de la coopérative sont "à 40 % d'équivalent de surfaces agroécologiques", avance Bruno Vaissière, responsable HVE. Mais malgré la copie de bon élève pour Cofruid'Oc qui coche les cases de la biodiversité, en l'absence de pluies, "le couvert végétal est inexistant", constate Vincent Mathieu. Et malgré un goutte-à-goutte vertueux en économie d'eau (30 %), l'apport en matière organique n'est "pas toujours compatible avec le travail du sol en arbo". Pour les apports fertilisants, des granulés organiques sont utilisés, là où les essais sur compost ont montré leur limite. "On ne peut pas le laisser se décomposer en cas de désherbage mécanique", avance Franck Portugal, arboriculteur. 

Arroser juste 

Comme pour les autres cultures, 2022 a été marquée par le manque d'eau en période végétative, "tant la demande était importante", relève le technicien de Cofruid'Oc. Alors, pour répondre aux besoins hydriques des vergers, d'environ 7 mm/jour maximum, voire plus certains jours (8,5 à 9 mm), le pilotage de l'eau s'effectue via un andromètre qui mesure les micro-variations de la branche, qui diffèrent entre le jour et la nuit. "Plus l'écart entre les deux diamètres est grand entre le jour et la nuit, plus le stress est important", indique Vincent Mathieu. Utile en période de croissance, l'outil est complété par des capteurs aux sols pour un suivi en temps réel. "Les sondes au sol sont reliées à un GSM pour relever le taux d'humectation du sol et l'hygrométrie, et calculer la dose d'eau à amener", ajoute Bruno Vaissière.

Les calibres sont ainsi suivis sur quelques sites, afin d'observer la dynamique de grossissement du fruit. Après un été aux températures atteignant les 40 °C, septembre a offert des conditions "optimales", constate Vincent Mathieu, grâce aux pluies qui ont favorisé le grossissement des fruits. L'augmentation du volume racinaire couplée à un air plus humide et à une lumière moins agressive ont profité aux pommiers. 

80 % des vergers bientôt couverts 

Malgré tout, cette année encore, Marsillargues a été le secteur qui a le plus subi des chutes de grêle, très localisées. Des pertes de l'ordre de 30 % de production sur pommes précoces sont envisagées, selon Didier Crabos. Les filets anti-grêle et anti-carpocapse couvrent déjà 60 ha des exploitations, soit plus de la moitié des vergers, mais le directeur de Cofruid'Oc vise, à terme, les 80 %. Le chef de culture Franck Portugal, qui gère les parcelles du président de Cofruid'Oc, Jean Nougaillac, a aussi équipé les vergers de filets, sauf sur 7,5 ha de vieux pommiers de 30 ans peu adaptés à une pose. S'il a été le "seul à ne pas avoir été touché par la grêle au printemps 2021", l'arboriculteur a pourtant subi celle de fin juillet, sur 80 % de la parcelle. "Cette année, je n'ai eu que trois grêlons. J'ai pu dormir." 

Après avoir perdu un tiers de la récolte aux pieds, à maturité, les reinettes n'ont subi aucun éclaircissage sur la parcelle. Destinée au marché français, la variété "coûte cher à produire, alors qu'on manque de production cette année", annonce Didier Crabos. Pomme saisonnière (trois mois dans l'année), avec une "tendance à s'oxyder", elle est privilégiée en cuisine. Le directeur préfère prévenir, elle ne fait pas partie du mélange composé des pommes à croquer dans les menus McDo. 

Philippe Douteau •
21/10/2022
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au verger

Attention au retour à fleurs !

L'année 2020 a rappelé combien le phénomène d'alternance était toujours d'actualité aux arboriculteurs qui auraient pu l'oublier. C'est pourquoi il est intéressant de faire un point sur le sujet, sachant que l'alternance n'est pas toujours liée à la charge de l'année précédente.

Le stress hydrique ou des températures estivales excessives peuvent interagir sur les mécanismes du méristème et donc le retour à fleurs en N+1, tout comme les techniques culturales jouant sur les interactions hormonales.

© Crédit photo : Gobbo Franck

"L'alternance est sous in- fluence de divers facteurs, tous plus ou moins maîtrisables, et sous dépendance climatique et physiologique", rappelle Christian Lavoisier, du centre opérationnel CTIFL - La Morinière.

Pour rappeler les bases, il faut déjà poser le fait que le phénomène d'induction se passe au niveau du méristème, dans les bourgeons nouvellement formés. C'est là que se déroule la transformation de cellules indifférenciées. "C'est un phénomène complexe et qui ne se fait que de façon synchrone. En effet, on observe l'enchaînement de trois étapes bien particulières et qui se différencient selon la vigueur du rameau, dépendante de la croissance végétative et des arrêts de croissance enregistrés", note le spécialiste ligérien. Ainsi, la croissance végétative va influer différemment selon les trois types de populations rencontrés dans l'arbre : des rameaux courts, des rameaux moyens et des rameaux longs. "En fonction de la date d'arrêt de croissance, les bourgeons vont ainsi se former plus ou moins tôt", précise le spécialiste. Ainsi, les rameaux courts sont plus rapides et précoces, comparativement aux rameaux longs, plus tardifs. "Tout ce qui va favoriser les rameaux courts viendra réduire les phénomènes d'alternance." Autre facteur d'influence : l'induction florale, qui dépend également de facteurs extérieurs. Tout d'abord, la lumière, qui va influencer le nombre de feuilles et donc, la surface foliaire. "Des études ont montré que la réduction de 30 % de la lumière du jour 40 jours après F2 a des répercussions négatives sur le retour à fleurs l'année suivante." Ensuite, les feuilles de rosettes vont jouer un rôle essentiel sur la fructification et le retour à fleurs l'année suivante. Par ailleurs, les concurrences trophiques vont venir influer sur le potentiel de matières carbonées à disposition de l'arbre, et donc influer sur la charge de l'arbre et son nombre de fruits. Enfin, n'oublions pas les hormones elles-mêmes, avec des variétés intrinsèquement alternantes sous influence de taux de gibbérellines, telles Fuji, Elstar, Jazz® ou encore Honeycrunch®. Pour rappel, les gibbérellines sont des hormones végétales régulant divers processus de développement, notamment l'allongement des tiges, la germination, la dormance, la floraison, le développement des fleurs et la sénescence des feuilles et des fruits... "Élaborées au niveau des pépins immatures, elles vont venir inhiber l'induction florale des bourgeons situés à leur côté."

Stress, température, techniques culturales...

Ainsi, une vigueur excessive aura pour effet de limiter l'induction florale. Attention donc à la taille, afin que cette dernière ne déséquilibre pas l'arbre et n'entraîne pas de vigueur trop importante. "Nous avons observé que des vergers étroits, en biaxe ou multi-axe, permettent un meilleur contrôle de la croissance", la vigueur se répartissant sur plusieurs charpentières et équilibrant le tout.

Parce que travailler avec le vivant n'est jamais simple, ces facteurs ne sont pas les seuls à intervenir sur la capacité de l'arbre à revenir à fleurs l'année suivante. D'autres points tels que le stress hydrique ou des températures excessives en été peuvent aussi interagir sur les mécanismes du méristème, tout comme les techniques culturales jouant sur les interactions hormonales : excès de fruits suite à des stratégies d'éclaircissage trop timides, date d'éclaircissage manuelle ou cueille tardive, "qui peut accélérer ou accentuer le phénomène d'alternance".

Évidemment, la stratégie d'éclaircissage va venir modifier la charge et le retour à fleurs de l'année suivante. "Des essais menés sur Royal Braeburn® montrent l'intérêt d'un éclaircissage préfloral à l'aide de PRM 12® pour améliorer le retour à fleurs en N+1, comparativement à deux ATS, qui ne permettent pas d'améliorer significativement ce taux", résume Christian Lavoisier. 

Céline Zambujo •
21/10/2022
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réchauffement climatique

Attention aux hivers doux

Les fruits à pépins ne sont pas exempts d'anomalies florales liées à une succession d'hivers plus doux, pénalisant la satisfaction des besoins en froid.

Les hivers doux sont de plus en plus nombreux, et la satisfaction des besoins en froid du pommier tend à perdre en intensité.

© Crédit photo : CZ

La non-satisfaction des besoins en froid suite au changement climatique générant des hivers plus doux ne touche pas que les fruits à noyau. Au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL) de Balandran, des anomalies ont été constatées sur pommiers. "En région sud, nous constatons que le manque de froid vient retarder le débourrement et donc la floraison", explique Vincent Mathieu, chargé de programme sur le centre gardois. Autre constat : l'étalement de la floraison elle-même. Cela devient donc de plus en plus ardu de positionner l'éclaircissage post-floraison, d'autant plus quand on utilise des dessiccants. "Et cela génère également des problèmes de lutte contre le puceron cendré, car les traitements sont d'autant décalés", relève le spécialiste. Ainsi, en 2016, l'étalement a eu une incidence sur la maturité de gala. "Nous avons aussi observé des récoltes très hétérogènes, des fruits moins mûrs."

Les premiers signes en vergers de cette non-satisfaction des besoins en froid du pommier doivent alerter : "Le signe avant-coureur, c'est la présence de pétales anormaux, avec majoritairement des pétales blancs et joufflus", détaille Vincent Mathieu. Par la suite, on voit apparaître des veines roses sur ces pétales blancs, avec une forme lancéolée jusqu'à la fleur, cette dernière restant quasiment fermée, entraînant de fait des problèmes de pollinisation. "On voit aussi des pétales plus courts, quelques nécroses florales, avec des différences variétales." Certains symptômes touchent également la morphologie même de l'arbre, avec des pousses de bourse annulées. "On note également l'absence de floraison sur bois d'un an et jusqu'à parfois des mortalités sur ces bois d'un an." Enfin, un dernier signe est à noter : les feuilles - qui habituellement tombent fin décembre - restent sur les branches et perdurent. "Cela n'est pas sans incidence sur la date d'entrée en dormance, et donc sur la date de sortie, plus tardive également."

Effeuillage artificiel versus effeuillage naturel

Ces divers signes ont conduit l'équipe du CTIFL à mener des essais, conduits sur arbres en pot désaisonnalisés en enceintes réfrigérées, puis en serre, de façon à caractériser les besoins en froid des variétés. "Nous avons ainsi comparé une modalité d'effeuillage artificiel au 20 octobre, comparativement à un effeuillage naturel, au 20 novembre", explique Vincent Mathieu. Résultat ? "On a gagné sept jours de floraison avec l'effeuillage précoce", qui s'est accompagnée d'une entrée en dormance également plus précoce, et d'un redémarrage plus précoce que l'effeuillage tardif. "On a aussi moins d'anomalies florales et donc moins de problèmes sur le végétal." Ainsi, sur des variétés comme gala, reinette grise, ArianeCOV et autres rouges américaines, cette technique peut être intéressante, notamment pour gérer par la suite les traitements de lutte contre le puceron cendré, pour favoriser une entrée en dormance précoce, et récupérer du froid le plus tôt possible. 

Céline Zambujo •
04, 05, 06, 13, 83, 84 21/10/2022
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L'agrile du poirier

Assainir sans tarder !

Face à l'agrile, le GRCeta de Basse Durance préconise une vigilance dès la plantation. La lutte passe par le rabattage des jeunes scions en préventif et une surveillance très régulière des premiers symptômes, pour assainir sans tarder.

Une rencontre technique en verger était organisée à Graveson par le GRCeta de Basse Durance, le 29 juin dernier, chez Claude Vignaud, sur la lutte contre l'agrile.

© Crédit photo : ED

L'agrile du poirier est un ravageur répertorié en Europe depuis plusieurs décennies. Mais la réémergence d'Agrilus sinuatus menace à nouveau les vergers des arboriculteurs en agriculture biologique. Le nuisible peut causer d'importants dégâts, allant jusqu'à la mort des arbres.

Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer la recrudescence du ravageur dans les vergers français. "En dehors des fluctuations annuelles des populations, il semble qu'il y ait aussi des cycles de présence du ravageur plus longs, sur plusieurs décennies. Avec l'utilisation des insecticides à large spectre, le nuisible a aussi beaucoup moins fait parler de lui pendant un temps", explique Gilles Libourel, du Groupe de recherche en agriculture biologique. Son 'retour' non anecdotique dans les vergers de la région est fréquemment observé depuis une dizaine d'années. Ce qui inquiète les producteurs de poires, c'est aussi sa présence récurrente dans de jeunes plantations. "Plusieurs cas d'arrachages de vergers dans le réseau du GRCeta en bio ont été signalés." Comme l'explique Sophie Hardy, du GRCeta, "d'autres vergers ont été restructurés pour repartir sur une base de production viable. Dans certaines zones, nous avons préconisé l'installation de jeunes vergers sous filets, posés dès la première année, afin d'éviter de rentrer dans un travail d'assainissement long et fastidieux".

Les filets Alt'Carpo peuvent freiner l'arrivée de nouveaux agriles, mais ils sont à installer sur des vergers sains. En effet, il faut savoir que les agriles sont assez peu mobiles : ils se propagent lentement entre parcelles voisines, mais ne volent pas sur des kilomètres.

En agriculture conventionnelle, le ravageur ne fait pas non plus l'objet d'une lutte spécifique, mais des efficacités indirectes de produits ont forcément contribué à rendre le ravageur non problématique.

Rabattage systématique des jeunes scions

La présence de l'agrile dès la pépinière conduit le GRCeta à préconiser un rabattage systématique des jeunes scions, pour limiter les infestations en production. Le niveau de vigueur du poirier est aussi important. "Les arbres très végétatifs et en bonne santé ont généralement beaucoup moins de problème", précise Gilles Libourel. Si l'agrile est un parasite dit de faiblesse, il attaque aussi des poiriers en apparence sains. Il faut donc mettre toutes les chances du côté des jeunes poiriers, en optimisant les conditions de leur plantation (parfaite préparation du sol...).

La lutte contre l'agrile en agriculture biologique est donc très limitée. "L'une des difficultés est que le coléoptère commence à voler depuis le mois d'avril et durant tout l'été, ce qui rend difficile une stratégie permet- tant de couvrir toute la période. Et, pour l'instant, on n'est pas capable d'identifier un pic de vol, ni de capturer le ravageur", rapporte Gilles Libourel.

Du côté des auxiliaires, il n'y a pas de solution efficace identifiée non plus en matière de biorégulation par un prédateur. Reste donc la prophylaxie.

Une rencontre technique en verger était organisée à Graveson par le GRCeta, le 29 juin dernier, chez Claude Vignaud, sur la lutte contre l'agrile. Le réseau du groupement de producteurs compte environ 600 hectares de poiriers, dont 50 % sont en AB. Claude Vignaud est l'un des premiers arboriculteurs du secteur à connaître de gros dégâts d'agrile du poirier. Sur ses variétés de poire packam's essentiellement, mais williams et guyot ne sont pas pour autant épargnées.

Intervenir au plus tôt

Pour lui, "le problème - qui reste gérable - doit être cependant pris très tôt". En fonction de l'intensité de l'attaque, mais aussi de la capacité à identifier les dégâts, il consacre chaque année une trentaine d'heures à l'hectare, depuis une dizaine d'années, pour 'nettoyer' ses vergers au sécateur.

La lutte consiste d'abord à surveiller, sur vergers jeunes ou adultes, et dès le mois de juin, l'apparition de rosettes nécrosées (attention à ne pas confondre avec le feu bactérien).

Pour confirmer la présence du ravageur, il est nécessaire de tailler l'écorce jusqu'à trouver une galerie, puis de couper alors le rameau atteint après la fin de la galerie (pour être sûr d'avoir supprimé la larve). Les rameaux coupés peuvent être laissés au sol, la larve ne survivra pas. L'assainissement en automne-hiver est aussi possible, mais beaucoup plus difficile et mutilant, car les larves ont bien souvent atteint des rameaux de gros diamètre, voire le tronc. Si le curetage est impossible, il faut couper les rameaux atteints, voire les charpentières, et les morceaux coupés doivent alors être brûlés, car la larve pourrait y terminer son cycle jusqu'au printemps.

Lors des différents échanges, les techniciens ont tous rappelé la nécessité d'être vigilant dès la plantation, en commençant par le rabattage des jeunes scions en préventif. La lutte rigoureuse doit s'organiser ensuite toute l'année, avec une surveillance très régulière de l'apparition des premiers symptômes (rosettes nécrosées) et des symptômes plus tardifs (boursoufflures de l'écorce sur rameaux de plus gros diamètre), afin d'assainir sans tarder. 

Emmanuel Delarue •
21/10/2022
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Éclaircissage

Le haut, tu viseras

SudExpé a réalisé des essais sur l'application d'éclaircissants en localisé, sur le haut des arbres. La technique présente en effet un intérêt en cas de déséquilibre de charge, mais aussi sur des variétés reconnues plus difficiles à éclaircir.

Dans certains cas, il peut être utile de localiser les applications de produits éclaircissants sur le haut des arbres.

© Crédit photo : CZ

La localisation de la pulvérisation a-t-elle un impact sur l'efficacité de l'éclaircissage ? Il semblerait, tant les constats réalisés sur le terrain montrent que, souvent, le haut des arbres est plus chargé que le bas, sans compter une impression d'un meilleur accrochage des fruits sur le haut des arbres - et donc une chute physiologique plus importante sur le bas - y compris en conditions naturelles. De fait, les applications en plein peuvent aboutir à un sur-éclaircissage sur le bas des arbres, un environnement déjà marqué par une baisse de l'intensité lumineuse, "avec en particulier un changement des rapports de longueur d'onde" rappelle Julie Ruch, ingénieur à SudExpé.

Afin de tenir compte de ces observations, la station arboricole expérimentale héraultaise a voulu tester la pertinence d'une application différenciée selon la zone de traitement. "Nous avons voulu évaluer l'intérêt d'un volume de bouillie réduit de moitié sur le haut des arbres, autrement dit pour la même concentration, on divise par deux la dose, tout en cherchant à adapter cette dose en fonction de la sévérité de l'éclaircissage recherchée selon le climat, la charge etc. Notre idée est de voir si nous avons intérêt à localiser les applications sur la moitié ou le tiers supérieur de l'arbre, pour parvenir à un ajustement de charge optimal sur l'arbre entier."

Tenir compte aussi des chutes naturelles

La station a donc mené un essai comparant trois modalités de Brevis®, sur la variété Cripps RedCOV :

un traitement en totalité à la dose pleine (2,2 kg/ha - 220 g/hl pour un volume de bouillie de 1 000 l/ha) ;

un traitement en localisé à demi-dose (1,1 kg/ha - 220 g/hl pour un volume de bouillie de 500 l /ha) ;

un traitement en localisé à la dose pleine (2,2 kg/ha - 440 g/hl pour un volume de bouillie de 500 l/ha).

Les résultats montrent qu'en pleine dose, le taux de fructification sur le haut de l'arbre est très élevé (90,6 %). En localisé, les taux de fructification, sur le bas ou sur le haut, sont comparables (voir graphique). "Nous n'avons donc pas eu d'effet éclaircissage plus important en augmentant la dose", résume la spécialiste de SudExpé. La demi-dose suffit donc pour avoir l'effet escompté sur le haut de l'arbre. Une seule application (demi-dose, ndlr) permet donc de conserver les fruits du bas qui ont tendance à chuter plus naturellement. "Le fait d'appliquer une pleine dose peut par ailleurs déséquilibrer l'arbre, avec moins de fruits en bas au final - effet cumulé de l'éclaircissage chimique et des chutes naturelles - et plus de fruits en haut, qui nécessiteront donc un retour pour un éclaircissage manuel, afin de rééquilibrer la charge plus tard dans la saison."

Ainsi, dans certains cas, il peut être utile de localiser les applications pour parvenir à un ajustement de charge optimal sur l'arbre entier. "Cette application localisée peut par ailleurs être particulièrement utile sur les variétés ou des bouquets plus difficiles à éclaircir", ou bien encore en anticipation de risques de chute mécanique de fruits avant éclaircissage manuel bien connu sur la parcelle... "Attention toutefois, si l'on fait le choix de la localisation, mieux vaut-il le faire avec des produits qui migrent peu, tels Brevis®, PRM 12® RP. Et bien entendu, il faudra au préalable avoir bien réglé son pulvérisateur avant de localiser, en centrant bien sur la frondaison". 

Céline Zambujo •

Au sommaire du dossier

cofruid'oc

Pommes en vrac et en sacs 

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06/10/2022
Dans votre nouveau numéro @AgriProv 🗞au programme notre numéro spécial #Medagri 🚜 le projet de loi sur les #énergiesrenouvelables🌞, la 7e édition de la soirée de l’élevage 🐃🐑à Arles et un retour sur la rentrée scolaire 🎒pour les lycées agricoles...Bonne lecture à tous ! https://t.co/zU1hyXg40x
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06/10/2022
🍷 Présentation de la gamme ‘Patience’, du syndicat #AOP #Picpoul de Pinet, issue de cuvées haut de gamme dédiées aux cavistes & aux restaurants de #Montpellier. Sélections parcellaires, élevage d’au moins 6 mois, sans notes de bois. Accord mets et vins au #Folia @ChatFlaugergues https://t.co/NAol7n6pyW
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