13 06/01/2023
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Saint-Rémy-de-Provence

Continuer d'avancer en innovant

Jean-Pierre Perez a 'la culture sous serre' dans le sang. Depuis 25 ans, il met l'accent sur la valorisation de sa production, la prise en compte de l'environnement et l'amélioration des conditions de travail, en rénovant régulièrement son outil de production.

JP Perez

© Crédit photo : ED

Il est en quelque sorte 'né' dans les cultures sous abri. Celles de son père qui, sur Saint-Rémy-de-Provence, était déjà précurseur de ce mode de production bien avant les années 80. "En passant des tunnels plastiques à la serre verre en 1985, il s'est aussi spécialisé dans la tomate hors-sol, en visant la performance grâce à une production plus moderne", explique Jean-Pierre Perez, 51 ans aujourd'hui.

Dans la foulée, avec d'autres, l'exploitation familiale se regroupe en coopérative pour développer de nouveaux outils de production, se différencier face aux productions étrangères et peser davantage sur le marché. C'est aussi l'époque où la notion d'agriculture raisonnée commence à émerger. Et c'est en ayant bénéficié de tous ces progrès pour faire avancer la serre que Jean-Pierre reprend tout naturellement l'exploitation de son père en 1997 avec Françoise, son épouse.

Le foncier sur St-Rémy est particulièrement prisé. Difficile pour les agriculteurs, même déjà assis, de se développer. Reste la voie de l'optimisation et de l'innovation. Celle que va continuer de suivre le serriste.

"Spécialisée dans la monoculture de tomates vrac, l'entreprise voyait alors ses installations vieillir, devenir de plus en plus énergivores et plus du tout efficaces en matière de lutte intégrée." Aussi, Jean-Pierre Perez - qui adhère au groupe Rougeline, fondé avec d'autres il y a plus de 30 ans - se lance alors dans la modernisation de l'outil.

"Les rendements de mon père étaient très bons, de l'ordre de 40 kg par mètre carré. Mais parce que l'on essayait de prendre en compte d'autres enjeux, de réduire nos intrants, je ne les atteignais plus 40 ans après", explique le serriste.

Un premier palier de franchi

En 2014, il saute alors le pas, en détruisant un hectare de serre verre pour reconstruire, sur la même surface, une serre fermée. C'était à ce moment-là la 4e du genre dans le monde. Avant de se lancer dans ce pari, le producteur, comme avant lui son père, n'hésite pas à parcourir le monde à la découverte des technologies les plus innovantes de la production sous serre.

"Appartenir à un groupe comme Rougeline nous permet d'être en veille sur l'innovation, la qualité, les variétés, les notions gustatives... C'est notre point fort. Et c'est cet état d'esprit très ouvert qui m'a permis d'avancer", explique Jean-Pierre Perez.

La technologie de la serre fermée était la solution pour répondre à des enjeux de performance technique, environnementale et énergétique. Avec son nouvel outil, il franchit un premier palier.

Contrairement à la conception classique, il n'y a plus d'ouverture dans la serre fermée, pour renouveler l'air susceptible de laisser rentrer des nuisibles et insectes porteurs de maladie. Cette approche de la protection des cultures tend donc vers le zéro résidu de pesticides.

Concrètement, dans la serre de Jean-Pierre Perez, les moustiquaires sont situées en façade et l'entrée d'air dynamique est totalement maîtrisée. L'air pulsé par les ventilateurs est acheminé par des gaines le long de chaque rang de tomates.

Par rapport au schéma de serre traditionnel, ce concept garantit une gestion et un recyclage des déchets de l'activité, qu'il s'agisse des supports de culture, des excès de drainage et du compostage des déchets verts.

Répondre aussi à l'enjeu énergétique

Chez l'exploitant, le renouvellement de l'outil de production pour produire mieux passait par ce concept. Avec la protection sanitaire optimisée des cultures, les avantages de la serre fermée concernent aussi la dépendance énergétique. Et, en 2018, le producteur achève la rénovation de ses équipements, en transformant le reste de ses surfaces avec une serre nouvelle génération.

Ses deux hectares de serre sont beaucoup moins énergivores et, grâce à la cogénération installée, il a réduit son coût énergétique de moitié. Une chaudière complète le dispositif lors de grands froids. Mais, le producteur - conscient des difficultés qui s'annoncent en matière énergétique - à l'intention d'aller plus loin dans les économies, quitte à être moins précoce ou moins performant sur les rendements, "que ce soit avec la réduction des intrants, grâce au photovoltaïque sur les bâtiments, et l'installation de groupes électrogènes, pour temporairement diminuer la consommation ou la décaler sur d'autres périodes. Mais cela peut aussi passer par un changement des dates de plantations et d'autres modes de cultures", indique-t-il.

Avec un modèle de production exemplaire, le serriste a su faire évoluer un outil compétitif qui prend en compte les attentes environnementales et sociétales.

Des conditions optimisées

Ici, les tomates sont cultivées quasiment sans produits de synthèse. Protégées des maladies, des insectes prédateurs et des intempéries, elles poussent sous serre, dans un sol propre, et les insectes ont remplacé les pesticides pour plus de naturel dans les cultures.

Les plants de tomate sont mis en place début décembre et sont installés dans un substrat de culture. La récolte s'étalera de fin février jusqu'à octobre.

Les nutriments et les soins et les conditions de cultures des plantes, l'irrigation, le climat et les apports de CO2 sont pilotés par informatique. Le système du goutte-à-goutte alimente les racines sans asperger les feuilles et limite les risques de maladie. L'eau utilisée est enrichie d'éléments fertilisants, de minéraux et d'oligo-éléments. Elle subit aussi un traitement par UV, pour être ensuite réintroduite dans le circuit de fertirrigation. Les tomates ont besoin de beaucoup d'eau pour se développer, mais ce système lui permet d'économiser 30 % de la précieuse ressource. Et pour produire un kilo de matière sèche, le producteur ne consomme désormais plus que 18 litres d'eau, contre environ 200 l en plein champ !

Avec des serres plus hautes (7,50 mè- tres) et des vitres plus lumineuses, le rendement a aussi été amélioré. "Mais la serre fermée ne fait pas tout", insiste le serriste, qui a investi aussi beaucoup sur la formation de ses salariés aux bonnes pratiques culturales. "Tout le pilotage de la culture est fondé sur l'observation, et l'ensemble du personnel pratique la Protection biologique intégrée (PBI) avec conviction."

Du côté du marché, et pour répondre à la demande, Jean-Pierre Perez s'autorise à maintenir un petit pourcentage (5 %) de sa commercialisation en circuits de proximité. Mais l'essentiel de sa production (95 %) part à la coopérative et le réseau Rougeline, premier metteur en marché français de tomates aujourd'hui. "Ces deux dernières campagnes ont été porteuses", reconnaît le producteur qui ne compte "pas pour autant arrêter d'innover pour avancer". 

Emmanuel Delarue •

LES CHIFFRES-clés

Jean-Pierre Perez est serriste depuis 1997

L'exploitation fait partie de la coopérative Pardi, qui adhère au groupe Rougeline

2 hectares de serres fermées produisent 12 variétés de tomates

Les rendements atteignent 35 kg/m² sur des petits fruits et 50 kg/m² sur les vieilles variétés

Emmanuel Delarue •

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